La scandaleuse inclination d’Amnesty International

Publié le par Pepshe

Dans un effort évident d’apparaître « équilibrée » et « impartiale », l’organisation pour les droits de l’homme basée à Londres Amnesty International (AI), a exhorté la communauté internationale à mettre fin à la vente d’armes au régime israélien d’apartheid et au mouvement islamique palestinien de libération Hamas.

Par Khaled Amayreh


Un rapport publié par le groupe le dimanche 22 février souligne que les armes fournies aux « deux parties » étaient utilisées « pour des attaques sur des civils et des biens civils », ce qui constitue un crime de guerre.

Néanmoins, un examen attentif du rapport montre une claire propension de la part d’AI à créer une fausse symétrie entre le Hamas, petit mouvement de libération résistant à des décennies d’occupation militaire étrangère comparable aux nazis, et Israël, un Etat manifestement criminel armé jusqu’aux dents, qui a commis tout ce qu’on peut imaginer sous le soleil en matière de crimes pour maintenir son occupation colonialiste et sa domination brutale sur le peuple palestinien.

Nul ne prétend bien entendu que le Hamas est irréprochable. Viser des civils innocents est inacceptable.

Cependant, mettre sur un pied d’égalité un peuple continuellement persécuté languissant sous une sale occupation militaire, même si des torts ont été commis, avec un terrorisme d’Etat immensément supérieur perpétré sans aucune justification par une puissance occupante est moralement inadmissible, pour ne pas dire plus.

C'et comme si on mettait sur le même pied la résistance européenne à l’armée nazie pendant la Deuxième Guerre Mondiale à l’agression nazie elle-même.

Eh bien, avec tout le respect dû à AI et à son travail de sauvegarde et de défense des droits humains, il n’y a aucune équation juridique ou morale entre le droit de la victime d’un viol à se défendre contre son agresseur et l’acte criminel du violeur.

J’utilise cette analogie parce que l’oppression israélienne continue infligée au peuple palestinien est un viol continu.

Oui, tirer des projectiles artisanaux et autres tout aussi primitifs sur des civils israéliens est une action regrettable. Cependant, les tirs de ces projectiles, qui ont tué quelques Israéliens en 10 ans d’hostilités (de l’ordre d’un par an) ne peuventt être comparés à la disparition presque totale de l’infrastructure civile de Gaza, ni au massacre de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants innocents.

L’usage excessif, disproportionné et souvent pornographique d’une violence mortelle contre une population essentiellement emprisonnée et sans protection est plus qu'une simple erreur de calcul ou un mauvais raisonnement. Il s’agit plutôt d’un crime de guerre délibéré dont ceux qui l’ont perpétré sont des criminels de guerre vils qui devraient être poursuivis et punis pour leurs crimes.

De plus, quand on veut vraiment produire une analyse honnête et objective de la récente atrocité à Gaza, il est impératif de remettre les événements dans leur contexte. On doit par conséquent être assez honnête pour se souvenir qu’Israël a obligé les 1,5 million de Gazaouis à choisir entre mourir tranquillement en succombant à un siège hermétique génocidaire, qui a poussé un grand nombre des habitants de la région au bord d’un holocauste silencieux, ou la riposte, en utilisant tous les moyens primitifs et extrêmement limités à leur disposition.

Je crois fermement qu’il est absurde et ridicule, pour ne pas dire carrément malveillant, de comparer le Hamas avec Israël en ce qui concerne l’usage de la violence.

Le Hamas est un petit mouvement de Palestiniens persécutés qui ont fait les frais de la persécution et de la répression israéliennes. Le Hamas ne pose pas de réelle menace stratégique à Israël, superpuissance militaire qui, dans une large mesure, contrôle également les hommes politiques et la politique aux USA.

Lors de sa récente attaque génocidaire sur Gaza, Israël a utilisé les engins de mort les plus mortels, dont des avions de combat F-16, des hélicoptères Apache, des chars Merkava, de l’artillerie lourde, de l’uranium appauvri, des agents chimiques qui pénètrent la chair humaine et finissent par tuer, du phosphore blanc, des obus à fléchettes et toute une variété d’autres armes meurtrières.

De l’autre côté, le Hamas a utilisé des armes notoirement primitives, surtout pour dissuader Israël de perpétrer un génocide à une plus grande échelle.

Pendant ce blitz, Israël a, en toute connaissance de cause et délibérément, ciblé des quartiers civils, des immeubles résidentiels, des maisons privées, des mosquées, des internats, des bâtiments universitaires, des écoles gérées par les Nations Unies, des commerces et des entreprises. Ce fut un déchaînement de meurtre et de terreur contre une population civile emprisonnée et méticuleusement affamée où tous les coups furent permis.

En conséquence, ce furent 7.000 Palestiniens assassinés, mutilés ou blessés, et pour beaucoup handicapés à vie. De plus, des centaines de milliers d’autres Gazaouis souffriront de traumatismes psychologiques durables.

Côté Israélien, on parle d’une douzaine de victimes israéliennes, dont certaines tuées ou blessés par « des tirs amis ».

Nous avons donc affaire à une situation extrêmement asymétrique où le ratio de mort approche les 1 pour 100. Inutile de dire qu’il ne faut pas être un expert militaire chevronné pour réaliser que ce n’est pas réellement une guerre, mais plutôt un énorme massacre.

C’est pourquoi on demande à AI d’appeler un chat un chat et de s’abstenir de se cacher derrière le jargon technique qui non seulement ne communique pas les faits sur ce qui s’est réellement passé à Gaza, mais donne également l’impression fausse d’une symétrie dans la culpabilité entre Israël et le Hamas.

De plus, il est important de se souvenir qu’Israël n’a pas imposé le blocus draconien de Gaza en représailles aux tirs largement inoffensifs de projectiles sur Israël. Le blocus criminel fut imposé, d’abord et avant tout, comme punition cruelle des Palestiniens pour avoir élu un parti politique qu’Israël n’aime pas. L’imposition du siège, qui se poursuit sans faiblir, est en soi un crime de guerre ou un crime contre l’humanité.

Le monde les a trahis, le monde arabe est resté silencieux, et il y eut même collusion de quelques régimes arabes avec Israël pour parfaire le siège, dans l’espoir que les Gazaouis se tourneraient contre le Hamas et le renverseraient.

Et l’Ouest hypocrite a eu l’audace d’accuser les victimes en blablatant, comme d’habitude, sur le droit d’Israël à se défendre.

Cela s’est produit alors que tout un peuple était emprisonné, affamé, torturé et tranquillement exterminé, principalement pour des raisons politiques liées à l’expansion territoriale israélienne.

En bref, ce fut la sauvagerie israélienne semblable à celle des nazis contre les Palestiniens qui a rendu la résistance palestinienne inévitable. Les Palestiniens, torturés depuis longtemps par cette occupation cruelle, ont tous les droits juridiques et moraux à résister, en utilisant tous les moyens à leur disposition.

Au lieu de blâmer les victimes pour leur résistance à leurs oppresseurs, le monde, dont Amnesty International, devrait dire à Israël qu’il ne peut pas incarcérer 1,5 million de civils dans les limites d’une prison à ciel ouvert, encerclés de barbelés, de tours de contrôle, de chars, de mines et autres machines de mort dernier cri, et ensuite espérer que les victimes manifestent de l’amour et de la compréhension envers leurs bourreaux et oppresseurs.

Oui, Israël a transformé la Bande de Gaza en un vrai camp de concentration, en privant la population prisonnière de fuel, d’électricité, de nourriture, de médicaments, de soins médicaux et des produits de consommation de base.

Pendant ce temps, la machine de mort israélienne n’a jamais cessé d’assassiner des Palestiniens innocents, quotidiennement.

Il est essentiel qu’AI et les autres groupes pour les droits de l’homme prennent ces faits en compte lorsqu’ils traitent de la situation à Gaza.

Ne pas le faire, en masquant les faits sous la pression israélienne, ne ferait que détériorer davantage l’image d’Amnesty International de leader des organisations pour les droits de l’homme au monde.

Source : Exposing Israel
Traduction : MR pour ISM

Publié dans Politique

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