Le président afghan avait accusé les Occidentaux d'avoir entravé les dernières élections de son pays.

Publié le par Pepshe

869792Il a provoqué stupeur et indignation au sein de la communauté internationale jeudi 1er avril, en accusant les Occidentaux et l'ONU d'avoir mis en place les fraudes qui ont influé sur les dernières élections en Afghanistan. Et la riposte des Etats-Unis n'a pas tardé. Vendredi, Washington a qualifié ses répliques "d'inquiétantes" et a exigé d'Hamid Karzaï une explication. Le département d'Etat américain a ensuite déclaré que l'ambassadeur américain en Afghanistan a rencontré vendredi le président du pays, pour lui demander de clarifier ses propos. Ce qu'il a fait quelques heures après, en s'entretenant par téléphone avec Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat américaine. Selon le porte-parole du département d'Etat, Philip Crowley, "le président Karzaï a réaffirmé son engagement dans le partenariat qui lie nos deux pays et a redit à quel point il appréciait les contributions et les sacrifices de la communauté internationale". Il se serait également dit "surpris" par les remous provoqués par ses paroles.

 

Le président Hamid Karzaï avait jeté de l'huile sur le feu jeudi, devant les membres de la Commission électorale indépendante (CEI) afghane, en déclarant: "Il y a eu des fraudes lors des élections présidentielles et provinciales, des fraudes massives, très massives". Et de préciser: "Elles n'ont pas été commises par des Afghans, ce sont les étrangers qui les ont commises". Il a en outre cité "le bureau du représentant adjoint de l'ONU, Peter Galbraith, ainsi que celui de Philippe Morillon", un général français qui avait pour tâche de superviser la mission des observateurs de l'Union européenne pour ce scrutin. Les réactions de part et d'autre de l'Atlantique ont suivies. La France d'abord, s'est dite "étonnée" par ces déclarations par la voix du porte-parole du Quai d'Orsay, qui ne voit en elle aucun fondement. Du côté des Etats-Unis, l'américain Peter Galbraith, numéro 2 de la mission de l'ONU en Afghanistan au moment du scrutin du 20 août 2009, a affirmé que ces dires sont "évidemment absurdes et ahurissants". Il a par ailleurs ajouté, à l'encontre du président afghan: "Franchement, on se pose des questions sur son état mental ou sur son rapport à la réalité".

 

Quatre jours après la visite de Barack Obama

Hamid Karzaï avait été placé à la tête de l'Afghanistan par la communauté internationale, emmenée par les Etats-Unis, suite à l'évincement des talibans en 2001. En novembre dernier il avait été reconduit, alors qu'une partie des bulletins de vote, jugés frauduleux, avaient été invalidés par les autorités électorales. La majorité d'entre eux était en faveur du candidat sortant. Depuis l'arrivée du président Barack Obama à la tête de l'Etat américain, Hamid Karzaï est davantage sollicité à lutter contre la corruption, et ce notamment avant les prochaines élections législatives qui auront lieu en septembre.

 

Mais sa diatribe antioccidentale fait suite à la visite surprise du président des Etats-Unis en Afghanistan, dimanche dernier. Le président Hamid Karzaï aurait alors éprouvé "un petit ressentiment", selon un diplomate étranger qui souhaite conserver l'anonymat. Rancœur qui tiendrait au fait que les Etats-Unis se sont rapprochés de candidatures rivales, en particulier celle de Abdullah Abdullah, candidat aux élections présidentielles de 2009. Mais fait nouveau, le président de l'Etat afghan "reconnaît qu'il y a eu des fraudes". Ce à quoi a réagit Abdullah Abdullah, puisqu'il a déclaré vendredi: "Il l'a reconnu, et ce faisant, il a reconnu sa propre illégitimité".

 

(Nouvelobs.com avec AFP)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article